JM Petri vu par la presse

A propos du CD « So Watt »

 

revue ImproJazz n°211

En 2000, le multi-flûtiste Jean-Mathias Petri propose à la claviériste Lydia Domancich de rejoindre le groupe Sula Bassana, qui rapproche l’Afrique et la Bretagne, c’est le début d’une collaboration au long cours. Courant 2010, les deux musiciens ont monté un projet électrique qui, après de nombreux concerts, a donné naissance à un disque : So Watt. Enregistré en juillet 2013 dans le studio de Gérard Lhomme à Lanmodez (Côtes- d’Armor), So Watt est une co-production du collectif Empreinte, créé à Lannion par Petri, Jean-Philippe Lavergne et Christophe Lavergne, et de Gimini22, le label fondé à la fin des années quatre-vingt par Lhomme et Domancich.

Piano électrique, Fender Rhodes et pédales d’effets pour Domancich, famille de flûtes, electroflûte, pédales d’effets et Korg Kaoss Pad pour Petri : les instruments ne laissent aucun doute sur la direction prise par la musique ! Et les titres des neufs morceaux – souvent humoristiques – sont évocateurs : « Bass Tensions », « Chants magnétiques », « Sweet Ohm », «Electrology », « Phase B », « Resistance »… Sans oublier, évidemment, le morceau éponyme : « So Watt » ! Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris pourrait tout à fait diffuser So Watt pour illustrer la monumentale Fée Electricité de Raoul Dufy (1937)..Les compositions et improvisations sont évidemment l’œuvre des deux musiciens, hormis «Différentiel pour flûtes octobasse », qui est un solo de Petri, et « Maléorie », morceau composé par Domancich pour l’album D’Ouest en Ouest de Madomko (2007).

Les dialogues entre Domancich et Petri sont remplis d’électricité : des grésillements en boucle (« Resistance »), des
riffs à base de fritures (« So Watt part II ») et autres crépitements parasites (« Chants magnétiques ») forment un décor sous haute tension, créent un accompagnement rythmique ou s’immiscent dans les propos de la flûte et des claviers. Domancich joue des mélodies élégantes (« Sweet Ohm »). Ses phrases cristallines qui rappellent un carillon (« Maléorie ») contrastent avec les bruitages électriques. Sa walking (« Bass Tensions »), ses ostinatos (« Phase B ») et ses lignes de basse sourdes (« Electrology ») sont constamment entraînantes. Petri a branché ses flûtes sur secteur et produit des effets de souffle, des bruitages électriques, des sons saturés, desbourdonnements, des pépiements d’oiseaux, des sonorités distordues… avec une forte présence rythmique (« Différentiel pour flûtes octobasse »). Ses interventions mélodiques, accentuée par un vibrato appuyé (« Chants magnétiques »), se fondent à celles du clavier (« Maléorie ») ou lui donnent la répartie avec subtilité (« Bass Tensions »). Au milieu de toutes ces danses d’électrons, « Maléorie » est la seule pièce dans laquelle le piano électrique et la
flûte entrelacent leurs chants paisiblement, sans effets.

Les expérimentations de Domancich et Petri tiennent à la fois de la musique électroacoustique et des musiques improvisées. So Watt est un mélange d’abstraction et d’expressivité. Finalement, la musique, comme l’électricité, est invisible, mais bien présente ! Voilà un hommage qui doit faire plaisir à Benjamin Franklin, Michael Faraday, André-Marie Ampère, Thomas Edison..

Bob HATTEAU

Jazz Magazine – janvier 2014

 

« Avec deux “t” et sans “h”. L’étrangeté ne s’arrête pas là sur ce CD sous-titré “Live en studio”.
A l’aide de pédales d’effets, Lydia Domancich et Jean-Mathias Petri explorent la palette de leurs instruments, piano et Fender Rhodes pour elle, flûtes pour lui (du piccolo à l’octobasse), entre les surfaces glacées d’univers technoïdes, la salissure du souffle et des textures évocatrices des machines douces de Robert Wyatt. »

FMt

Le Cri de l’Ormeau Janvier 2014

 

« Ces deux -là se connaissent depuis longtemps et ont vécu des expériences musicales multiples, ensemble ou avec de nombreux partenaires nationaux et internationaux. Je me souviens d’un projet à eux au début du siècle intitulé Sula Bassana, croisement Bretagne-Afrique. Là, ils se sont dit : “On se connaît bien. Enfermons-nous ensemble dans un studio pendant quelques heures et fonçons dans l’aventure musico-expérimentale à tendance électrique. On triera et on trouvera bien quelques quarts d’heure intéressants”. Et c’est gagné ! En général j’aime beaucoup quand Lydia joue du vrai piano, et n’aime pas trop le Fender. Mais là, c’est un concept : électricité, effets, recherche. Et on apprécie effectivement la belle osmose entre eux deux. Jean-Mathias sort des sons tout à fait inédits avec ses flûtes, dont certaines rares (octobasse, électrofllûte…). Musique contemporaine plutôt que jazz, ça fourmille d’idées dont certaines pourraient être la base inspirante d’autres projets. »

Pat

Le Trégor 2 février 2014

 

Jean-Mathias Petri et Lydia Domancich augmentent le volume

 

« Il y a de l’électricité dans l’air avec le nouvel album de Jean-Mathias Petri. Le flûtiste lannionnais a électrisé son instrument de prédilection… Du coup tout l’album a des références à l’électricité en commençant par son titre So Watt.
Un album conçu et réalisé avec sa complice depuis quinze ans, la pianiste Lydia Domancich. Avec elle, Jean-Mathias Petri ne cesse de chercher de nouvelles voies musicales entre musique contemporaine et jazz, entre électro et tradition. Jean-Mathias Petri est un boulimique, un insatiable chercheur et un curieux fou de musique…
C’est le cas du duo. La flûte saturée répond comme dans un thème électro à des rythmiques du piano. Extrêmement surprenant et envoûtant. Parfois, c’est le piano qui revient à des thèmes plus calmes et apaisés pour laisser libre court aux doigts sur le clavier…

Les sonorités du duo écorchent parfois l’oreille non avertie ou envoûtent par l’étendue des nouveaux sont produits. Jean Mathias Petri et Lydia Domancich ont voulu réaliser un travail de fond. Le tout enregistré par Gérard Lhomme dans le Trégor.
Aux frontières de la musique contemporaine, aux limites du jazz, avec quelques accents de mélodies inspirées, “So Watt” est un disque débarqué d’univers sonores nouveaux. Et ça fait du bien. »

Christophe Ganne

www.discogs.com 18 février 2013

 

« La flûte, c’est une question d’air et de respiration tandis que pour le Fender Rhodes, c’est une question d’électricité. Si on inverse les termes, on obtient alors une définition en raccourci de cet album ! Lydia Domancich et Jean-Mathias Petri se sont rencontrés en 2001 mais leurs chemins se sont croisés de nouveau en 2010, aboutissant finalement en ce projet de duo où l‘écrit rencontre l’improvisation, liés par une mutuelle curiosité pour la recherche sonore. Et sans aucun avertissement, vous voilà embarqués dans le morceau de départ où les flûtes montrent une créativité rythmique inégalée, rebondissant sur les sons balafrés des claviers venus les soutenir de façon sourde. A partir de là, le point de non retour est atteint, et vous allez être propulsés dans des ambiances très variées : parties atonales donnant finalement naissance à de douces berceuses, mélodies accompagnées de lignes de basse folles, progressions d’accords imprégnés de jazz, passages ambiants expérimentaux, passages fragmentés glaciaux, échantillonnages de voix fantomatiques, segments séquencés et autres… Lydia ne montre aucune pitié dans la manière de traiter son Fender, avec une attaque distordue à la fois agressive et angoissée et des sons introduits de façon mélodieuse, relâchant toute la tension.

 

Les flûtes de JM Petri – un vrai arsenal de guerre – peuvent sonner comme des oiseaux ou des éléphants, des ondes courtes de radio ou être aussi l’instrument classique élégant que nous connaissons tous. Les deux musiciens ont en commun la capacité propre au caméléon de déguiser, de métamorphoser, ou de transgresser les qualités sonores de leur instruments respectifs grâce à une utilisation habile des pédales, samplers et contrôles MIDI. S’il y a un fil conducteur dans ce travail collectif, ce n’est pas un fil, mais un câble électrique, car il s’agit d’électricité ; regardez simplement les titres et goûtez l’humour latent qui rôde : So Watt, Sweet Ohm… J’en ai même trouvé un autre pour leur prochain album : Volt Face… bon, ça n’aura de sens que pour ces Français chercheurs de sons ! On peut aller plus loin encore avec cette connexion électrique et l’appliquer aussi à l’interaction entre les deux musiciens.

 

J’ai perçu ça et là quelques petits problèmes d’enchaînement. Leur recherche expérimentale n’apporte pas toujours le meilleur résultat, laissant parfois l’impression de questions sans réponses, de passages circulaires un peu longs et de transitions forcées au lieu d’un passage naturel vers la phase suivante. Mais tout cela n’est perçu que comme des moments anecdotiques qui ne nuisent pas à l’ensemble, ce qui nous ramène au fait qu’il s’agit surtout d’électricité ! Nous les êtres humains sommes de l’énergie, mais lorsqu’il se trouve que deux d’entre eux sont des musiciens créatifs, excellents et super sensibles, partageant ensemble leurs expériences moléculaires, alors l’électricité induit de la chaleur, et l’énergie produite atteint de très hauts niveaux de plaisir et d’excitation, ce qui en définitive est peut-être la raison même de cet album ! »

Piotrlerouge

A propos de la création « Cheerleaders » de Pierrick Pedron le 23 août 2012 à Malguenac

« J’ai déjà écrit que je ne comprenais pas grand-chose à la cohérence du programme Cheerleaders de Pierrick Pedron à propos du concert d’Avignon le 3 août. Par rapport à ma première impression, la présence du pianiste régulier de ce projet, Laurent Coq (remplacé au pied levé par Laurent de Wilde à Avignon) me semble donner plus d’intelligibilité au projet et Pedron me semble avoir élargi son domaine d’expression par rapport à Avignon. Je salue au passage la flûte de Jean-Mathias Petri, invité le temps d’un solo de flûte où il investit le terrain de jeu par une belle palette expressive. Mais l’intelligibilité, c’est dans la tête et autour de moi ça “rappelait”. « Va savoir, va savoir « , soufflait au retour l’effraie sur mon passage dans les bas de Quelven. »

Franck Bergerot, Jazz Magazine

 

CD « Rumble » avec Aman Octet

Chronique enthousiaste de Franck Bergerot sur Jazz Magazine à propos du CD « Rumble » d’Aman Octet, citant notamment Jean-Mathias Petri et sa « flûte extravertie » :

Télécharger la chronique complète en pdf (445 Ko).

 

CD Ibiscus – Nadja Trio

“Jean-Mathias Petri est flûtiste flûtiste. La flûte traversière, rien que la flûte traversière, de la basse au piccolo, avec un vocabulaire aux frontières de la musique contemporaine et des musiques traditionnelles. Soit un ambitus et une palette de timbres, un sens de l’angularité mélodique, une dynamique et une intimité avec l’univers des modes qui, plus que la maîtrise du débit harmonique du jazz, sont ses atouts d’improvisateur – La plastique rythmique, l’étoffe timbrale et l’onirisme du répertoire original (signé Petri) aux qualités très narratives sont autant de raisons de donner à ce groupe une visibilité au-delà des frontières de la région Bretagne et de cette première production du collectif Empreinte”

Franck Bergerot – 9 Juin 2006

 

Retour de Breizh

“Le flûtiste Jean-Mathias Petri qui collabora à la Celtic Procession est un musicien sans frontière.

Les flûtes, il les pratique toutes, de l’octobasse au piccolo. Quand aux frontières stylistiques, il aime les franchir, l’oeil sur le contemporain (sur cet instrument, il y a de quoi faire), adepte du Soundpainting, à l’écoute de ses confrères du trad – mais bien campé dans le jazz qu’il pratique au sein du trio Nadja avec les frères Lavergne”

Franck Bergerot – Jazz Magazine-N°600 – Février 2009

 

Création “Matières” Nadja Septet

“Jean-Mathias Petri a écrit une nouvelle page de son immense talent. Il a su laisser un espace à ses six compagnons de musique pour que l’ensemble offre un jazz frais, rayonnant, dynamique et surtout pas ennuyeux”

Christophe Ganne – Le Tregor – 5 Mars 2009

 

Sula Bassana

“Jean-Mathias Petri, heureux instigateur de la création du groupe il y a un an, a réussi à réunir des musiciens et chanteuses d’horizons différents. Des musiciens de jazz comme Pierre Marcault aux percussions, Lydia Domancich au piano, une chanteuse guinéenne Aïssata Kouyaté, bretonne Marthe Vassallo, auxquelle est venu se greffer la petite dernière, Céline Fabre au piano, chant et steel-drum.”

Lionel Samson – Le Télégramme – 20 Avril 2001

 

Le Livre des Rois de Bretagne (Y. Elléouët)

Provenant de l’intrusion adroite d’une composition musicale originale créée par le flûtiste Jean-Mathias Petri, des mélodies rythment les tirades des comédiens, emplissent les silences et parfois, bruitent les aventures des personnages du “Livre des Rois de Bretagne”. A cheval entre le jazz et la musique contemporaine, les compositions de Jean-Mathias Petri magnifient l’ensemble des lectures, jouées plus que scandées, dans une atmosphère intime et parfois surréaliste.”

Le Télégramme – 3 Février 1998